Année de pluie extrême: 2011 au second rang de l’histoire instrumentale, après 2010.

Le bilan annuel de la NOAA

En résumé pour 2011:
Température globale: entre 9e et 11e rang, selon la base de données.
Température d’une année La Niña: 1er rang.
Superficie estivale minimum de la banquise arctique: 2e plus petite.
Volume estival minimum de la banquise arctique: 1er rang, plus petit volume mesuré.
Précipitations: 2e rang.

 

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390 ppm: la concentration de CO2 dans l’atmosphère franchit un nouveau cap

Le mois dernier, pour la première fois depuis au moins 1 million d’années, le taux de gaz carbonique dans l’atmosphère de la Terre a franchi le cap des 390 ppm, une augmentation de 40% relativement au taux de l’ère pré-industrielle en 1750. Ce taux était resté à peu près inchangé depuis les 10 000 dernières années. Le niveau pré-industriel de 278 ppm se situait lui-même à la limite supérieure d’une oscillation qui durait depuis au moins 800 000 ans, corrélée avec les cycles glaciaires, et qui faisait varier la concentration de CO2 entre 180 et 280 ppm.

Il y a quelques semaines, l’organisation météorologique mondiale (OMM) a publié son rapport officiel pour l’année 2010. Le bilan scientifique constate qu’entre 2009 et 2010, la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère a augmenté de 2,3 ppm, une hausse plus importante que la moyenne de la décennie 2000-2010, établie à 2,0 ppm/an. La hausse moyenne des années 1990 était de 1,5 ppm/an.

Après la récession de 2008, le taux d’augmentation des émissions humaines de gaz à effet de serre avait subi un léger ralentissement (i.e. elles avaient augmentées moins rapidement), mais 2010 aura vu l’humanité appuyer de nouveau sur l’accélérateur.

Le rapport constate également que le forçage radiatif de l’atmosphère par les gaz à effets de serre s’est accru de 29% entre 1990 et 2010, le dioxyde de carbone contribuant pour 80 % à cette augmentation.  «Même si nous parvenions à stopper aujourd’hui nos émissions de gaz à effet de serre, ce qui est loin d’être le cas, les gaz déjà présents dans l’atmosphère y subsisteraient encore pendant des dizaines d’années » a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud.

D’après: Organisation Météorologique Mondiale
Rapport officiel sur l’état des gaz à effets de serre dans l’atmosphère 2010 ici.

2011: année record pour les anomalies de précipitations aux États-Unis

En 2011, 56% du territoire américain a vécu une année extrême côté précipitations. Une telle proportion est un record historique. Une anomalie extrême correspond à un événement climatique se situant dans les tops 10% des écarts à la normale. Ainsi, 32% des États-Unis continentaux ont reçu des quantités de précipitations records (dépassées ou approchées) alors que 24% ont au contraire subi une aridité extrême. La sécheresse au Texas et l’ouragan Irène symbolisent cette anomalie historique.

Prévue depuis longtemps par les scientifiques, la transformation du régime hydrologique en générale et l’accentuation des extrêmes en particulier, est une des conséquences physiques du réchauffement global sur le système climatique. L’augmentation des températures provoque en effet simultanément la hausse du taux d’évaporation des sols et celui des océans. On estime qu’il y a aujourd’hui 4% plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère que dans les années 1970.

D’après: Jeff Masters

2011: 2e plus petite superficie de la banquise arctique au minimum estival

Après avoir affiché des minimas records pendant une grande partie de l’année, la banquise arctique 2011 a finalement ralenti sa fonte à partir de la fin août et laissé intact  le record historique de 2007.

Elle a atteint son minimum saisonnier le 9 septembre dernier, à 4,33 millions de km2. Une telle surface se situe 35 % sous la moyenne de la période 1979-2000, une perte de glace équivalant à près d’une fois et demi la superficie du Québec, ou 3 fois et demi celle de la France.

Cette fonte quasi-record est d’autant plus surprenante qu’elle survient en l’absence des températures anormalement chaudes et des conditions océaniques particulières de 2007. L’explication la plus probable de cette situation est l’amincissement croissant de la banquise et la disparition progressive de la vieille glace (4-5 ans).  Les 5 dernières années ont maintenant donné lieu aux 5 années les moins glacées de l’histoire instrumentale de l’arctique.

D’après: Environnement Canada et National Snow and Ice Data Center

2011: volume minimum record de la banquise arctique (encore)

Le minimum record du volume de la banquise arctique établi en 2010 n’aura pas tenu longtemps.  Avec un volume total de 4 200 km3, la banquise de cette année fracasse le minimum record établi l’an dernier. La fonte de la banquise continue d’évoluer plus rapidement que ne le prédisent les modèles du GIEC.

La disparition de la glace multi-annuelle se poursuit également.  Cette glace, plus vieille et plus dure, composait la majeure partie de la banquise il y a 30 ans, mais cette fraction diminue rapidement depuis. La glace de 5 ans ou plus, qui représentait entre 30% et 40% de la banquise, composait moins de 5% de la calotte polaire en septembre 2011.

D’après: Environnement Canada et National Snow and Ice Data Center

2011: année La Niña la plus chaude de l’histoire, 10e plus chaude jamais enregistrée

L’analyse préliminaire des données climatiques pour 2011 indiquent que cette année s’inscrira au 10e rang des années les plus chaudes relevées depuis le début des observations instrumentales (1850). Les 13 années les plus chaudes de l’histoire ont maintenant été enregistrées dans les 15 dernières années.

Particulièrement notable est le fait que 2011 représente l’année La Niña la plus chaude d’entre toutes. La Niña est un phénomène cyclique caractérisé par une basse température des eaux de surface du Pacifique équatorial qui, comme son frère El Niño, exerce une influence importante sur le climat annuel de la planète. En terme de température globale, les années La Niña sont toujours plus froides que les années qui les précèdent ou les suivent. L’épisode actuel est le plus intense des 60 dernières années. Malgré cela, la température moyenne de la Terre a été 0,41°C plus chaude que la moyenne des années 1960-1990, établie à 14°C.

D’après: Organisation Météorologique Mondiale